6 juillet 2017

Etude du Ministère sur le partage de la valeur / musique

Streaming : L’étude du ministère de la Culture et de la filière confirme le préjudice pour les artistes

 

Après 20 longs mois de travail sur la méthodologie à adopter, l’étude prévue par « l’accord Schwartz » signé le 2 octobre 2015 portant sur la rémunération des artistes-interprètes est enfin livrée.

L’Adami, qui a très activement participé à la concrétisation de cette étude, se félicite de constater que les conclusions de cette dernière rejoignent avec précision et de manière irréfutable, les résultats de sa propre analyse publiée en 2013 confirmant le partage inéquitable des rémunérations.

Les chiffres de cette étude :

  • StreamingPartage moyen prévu au contrat : 89,4% pour le producteur, 10,6% (10,9% en majors) pour l’artiste avant abattements.

    Ce chiffre est identique à celui publié par l’Adami en 2013 justifiant la revendication des artistes d’un meilleur partage de la valeur.

  • 5,4% (6% en majors) : la part nette de rémunération (ventes et streaming) perçue par l’artiste sur le chiffre d’affaires de la production.
    Sur 100€ de chiffre d’affaires de la production, l’artiste perçoit en net 5,4€ au titre des ventes et du streaming à la demande.

Nous rappelons que la marge des producteurs indiquée dans l’étude ne prend pas en compte le « back catalogue » (tout le répertoire publié à l’exception des nouveautés) pourtant au cœur du modèle économique de la production musicale. Les producteurs phonographiques n’ont en effet pas souhaité que l’étude intègre cette donnée essentielle. De fait, ce refus fait apparaitre des résultats incohérents quant à la marge des producteurs : par exemple les majors du disque seraient déficitaires de… 41,4%
Rappelons qu’Univers al Music Group a déclaré en 2016 un bénéfice (Ebita) de 644 millions d’euros pour un CA de 5,2 milliards d’euros.

Cette étude confirme l’analyse des artistes. C’est pourquoi l’Adami demande urgemment la mise en œuvre de mesures sérieuses et adaptées au contexte numérique pour aboutir enfin à un juste partage des rémunérations, tout particulièrement dans le digital et ce au profit de toutes les catégories d’artistes-interprètes.